Des sportifs et des étudiants en archéologie | Chronique d’une Sans Emploi Fixe | 47

Je ne suis pas de celles qui adorent regarder le sport à la télé. Mais c’est chouette de savoir que nous avons de grands sportifs dans différentes catégories et dans différents sports. C’est intéressant d’en suivre certains, inspirés par un rêve, dotés d’un talent, s’entraîner, parfois faiblir, persévérer… et réussir leurs objectifs respectifs. Ainsi, pour moi, le sport n’a pas autant de valeur que le sportif et tout ce qu’il fait pour en arriver là, et ce, malgré les critiques des envieux. À ce sujet, me revient en mémoire ma rencontre avec un escrimeur épéiste de Gaume. Sur son visage, j’avais lu un mélange de bienveillance et de précision, le tout enrichi par une flamme. La flamme de la passion pour un sport, un art et toutes les sensations que procure sa pratique…

C’est la réflexion qui me traverse l’esprit en mangeant ce midi. Je suis assise à une table, la fourchette déposée dans le plat et je tapote sur mon gsm ces quelques lignes, inspirées de la grisaille. Forcément, le ciel gris visible par la fenêtre m’a fait penser à la neige artificielle des JO en Chine (et la quantité d’eau que cela requiert)… Alors que les noix de cajou et la sauce soja fondent dans ma bouche, je laisse mon esprit digresser. Quand on pense à tous les efforts déployés pour les concours sportifs, c’est vraiment dingue. Dans certains cas, les prouesses techniques ne suffisent pas à oublier le gaspillage, les inégalités sociales, voire l’exploitation pure et simple d’êtres humains vivants sur d’autres continents… En triturant ma fourchette, je m’aperçois qu’un sentiment de tristesse monte en moi à l’idée que je cautionne peut-être encore – par mégarde ou par facilité – un système qui ne traite pas correctement des travailleurs… Je ne sais pas vous, mais pour moi, ces pensées me motivent à chaque fois davantage à revoir mon mode de consommation et à connaître les producteurs ou créateurs de ce que j’achète. Pour cela, la route est longue pour trouver son équilibre mais, pas à pas, on avance toujours.

La porte de la bibliothèque se met à grincer. Je lève les yeux pour voir que c’est ma collègue qui entre pour manger avec moi. Je ne vous ai pas encore parlé d’elle car c’est la nouvelle remplaçante… mais devinez quelles études elle a poursuivies ! L’archéologie bien sûr. En quelques mots, disons qu’elle parle maya, qu’elle a vécu de longues années à Bruxelles et voilà qu’elle se retrouve au milieu de notre bonne vieille province campagnarde pour plusieurs mois. Il paraît qu’elle cherchait du dépaysement… 

Vous savez ce qui est amusant quand on rencontre quelqu’un qui a fait les mêmes études que nous ? C’est que, même à quelques années d’écart et dans deux universités différentes, on a des points communs à se remémorer. 

D’un côté, il y a les professeurs qui projettent des dias, ceux qui font des schémas au tableau et les effacent avant qu’on ait le temps de tout noter, les passionnés qui sont passés à la technologie mais refusent de partager leur présentation PowerPoint, et puis les profs qui ne s’en sortent pas du tout avec le projecteur et qui perdent une demi-heure à chercher à faire fonctionner l’engin (quand je vous dis que le diplôme ne fait pas tout !). De l’autre côté, il y a toutes les astuces des étudiants pour arriver à suivre, noter les informations vite et bien, tout en essayant de comprendre et de regarder les objets, peintures ou plans affichés en grand. Toutes les techniques sont envisagées, évoluant avec la modernité : l’appel aux cours des anciens, l’utilisation de l’appareil photo numérique (hé oui ! c’était il y a dix ans) mais aussi du dictaphone et plus récemment, des ordinateurs portables permettant la prise de note en direct. Que de souvenirs à partager. Que de rires à échanger, même si ce n’était pas toujours rose sur le moment… Comme quoi, on finit toujours par rire de nos problèmes.

La suite au prochain épisode…

Chronique d’une Sans Emploi Fixe | L’Info de la Région 2022 | SEMAINE 9

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